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Chapitre 22 - Voici mon passé et voilà comment je définis mon avenir

  • 25 janv.
  • 6 min de lecture

Dernière mise à jour : 2 févr.

Et il y avait bien une autre raison pour laquelle Iris s’entraînait autant. C’était qu’il progresse à une vitesse extrêmement étonnante !

Le royaume du raffinement du prosapia était divisé en 9 stades, correspondant ainsi aux 9 tours des demi-dieux.

Très peu d’élèves réussissaient à atteindre le deuxième stade avant l’examen planétaire, car non seulement ils devaient consacrer beaucoup de temps à surveiller l’évolution de leur tribu ainsi qu’à étudier de nombreuses connaissances, mais aussi parce que la quantité de prosapia dans leur corps restait plutôt faible.

« Grâce à la méthode de pratique Jiyu que j’ai maîtrisée à la perfection, la quantité de prosapia dans mon corps a été multiplié par 2 fois par rapport à avant. »

Auparavant, même sans ressources alimentaires suffisantes, Iris tâchait de s’entraîner au moins une heure tous les jours à la technique de combat du livre scolaire Gozu.

C’était cette même technique qui lui avait permis d’exercer une grande partie de sa force physique lors de son utilisation de l’art divin : Incarnation du Paragon.

Sans cela il aurait été comme un animal sauvage, et contre des créatures intelligentes, c’est une faiblesse mortelle.

Même avec son corps terrifiant il aurait pu mourir très rapidement.

Toutefois, l’apprentissage de cette technique de combat comportait un défaut majeur pour Iris.

Cette technique renforçait non seulement les arts martiaux de celui de celui qui la pratiquait mais aussi son corps.

Concrètement, lorsque les pratiquant sollicitent leurs muscles, ils les fatiguent. Lorsque l’entraînement se termine, le corps entre dans une phase de récupération, permettant ainsi à ce dernier de devenir plus fort, plus endurant et plus agile. 

Or s’entraîner sans les ressources adéquates, signifiait que le processus de guérison censé renforcer son corps, pouvait effectivement le renforcer mais en laissant des blessures cachées.

Toutefois, grâce à son talent divin, ce défaut majeur avait complètement disparu.

« Grâce à la quantité absurde de prosapia que j’ai maintenant dans mon corps, cela a drastiquement réduit mes blessures internes et au contraire en guérissant ces blessures, mon corps s’est renforcé à une vitesse vertigineuse. »   

Bien sûr, cela ralentira plus tard car son accumulation aura été épuisée, mais cela restera toujours plus rapide que la moyenne grâce à la quantité élevée de prosapia dans son corps.

En même temps, son regard dériva vers le mur, sans vraiment se fixer sur quoi que ce soit.

Et alors…

Il pensa à cette voix, claire, précise et sans émotion.

Comme si un démon venait de murmurer juste derrière son oreille.

« Apprends à rester discret et ne te mets jamais en avant quand ça ne t’apporte aucun avantage. »

Ses paupières battirent plusieurs fois.

Il porta instinctivement une main à sa nuque, frottant lentement la peau tendue.

«  Cette phrase… » Iris fronça les sourcils.

Un souffle lui échappa.

Cette voix n’avait rien de chaleureux.

Elle était sèche, dure, presque méprisante.

La voix d’un homme de sa famille d’accueil.

Celui qui lui avait appris très tôt…comment disparaître.

Iris baissa la tête, les épaules se refermant un peu plus, comme si son corps retrouvait instinctivement une posture ancienne.

Il revoyait la scène.

Le couloir étroit.

Une lumière trop blanche qui l’aveuglait.

La main qui le repoussait contre le mur.

Le souffle sentant le vin rouge.

Le rire moqueur.

« Apprends à rester discret et ne te mets jamais en avant quand ça ne t’apporte aucun avantage. »

Juste avant cela, il avait osé répondre à sa mère d’accueil lorsque celle-ci lui donna quelques pitoyables restes de la veille quand toute la famille était partie dans un restaurant gastronomique, sans lui évidemment.

Il avait simplement demandé : 

« Puis-je venir avec vous ? »

Il serra les dents.

Ses doigts se crispèrent sur sa couette.

« Ce n’était pas un conseil… c’était une menace que j’avais reçu. »

Il le savait.

Il l’avait toujours su.

Dans cette maison, être vu signifiait être frappé.

Être entendu signifiait être puni.

Être remarqué signifiait souffrir.

« Alors j’ai appris…» pensa-t-il lentement.

« À baisser les yeux. »

« À parler le moins possible. »

« À marcher sans bruit. »

« À disparaître… »

Il se recroquevilla dans son lit et s’entoura de ses propres bras.

Iris esquissa un sourire sans joie.

« Comme c’est pathétique… »

Et pourtant…

À l’époque, c’était tout ce qu’il pouvait faire.

Ce genre de pensée avait dicté toute sa vie :

« Si je me fais discret… peut-être qu’on me laissera tranquille… »

À l’école primaire, il s’asseyait toujours au fond.

« Ne lève pas la main… »« Ne réponds pas trop bien. »« Ne parle pas avec tes camarades de classe en cours. »

Il évitait toujours les groupes, pour anéantir toute source de conflit.

« En restant seul, au moins personne ne te prendra pour cible… »

Par miracle, cela a vraiment fonctionné. Il ne s’était jamais fait harceler.

Au lycée, il était devenu presque invisible.

« Personne ne savait vraiment qui j’étais, et c’était mieux comme ça. »

Il passa une main sur son visage fatigué.

« Et pendant longtemps… ça a marché. »

Il resta silencieux quelques secondes.

Puis il s’allongea complètement, détendant complètement son corps.

Son regard glissa vers la vieille télévision, puis vers le plafond, comme s’il cherchait une réponse dans les fissures invisibles.

« Mais maintenant… »

Sa respiration changea légèrement.

Plus lente.

Plus profonde.

« Je ne serais plus jamais comme ça. »

Il mit ses mains derrière sa nuque.

« Faible, signifie être sans ressources… »

« Sans ressources, ça veut dire que la fondation de sa tribu restera fragile… »

« Une tribu fragile, signifie littéralement que son chemin vers la divinité sera coupé. »

Après tout, il avait une quantité phénoménal de prosapia, oui, mais simplement comparable à celle d’un demi-dieu du deuxième tour.

La vitesse de progression dans le raffinement du prosapia entre le premier tour et le neuvième tour est tout simplement trop colossale.

Sans parler du fait que devenir un dieu nécessitait non seulement un corps solide mais aussi la foi de millions de croyants.

Ses lèvres se pincèrent.

« Je n’ai plus le droit de disparaître. »

Il posa une main contre sa poitrine.

« Les Léonarcs, ils comptent sur moi. »

« Leur destin est entre mes mains. »

Une image de sa tribu traversa brièvement son esprit.

« Si je continue à me cacher et que je ne leur donne pas les ressources nécessaires pour survivre alors c’est comme les condamner à une mort certaine. »

S’il n’avait pas agi pour créer le point d’eau, la tribu n’aurait pas pu s’agrandir, s’il n’était pas intervenu pendant la bataille du point d’eau, il y aurait eu de nombreux morts, et s’ils restent dans cette situation, ils seront tôt ou tard vaincu par les gobelins ou une autre tribu.

Il inspira longuement, puis expira lentement.

« Alors non. Cette fois, je ne me cacherai plus. »

Il se redressa complètement, posa les pieds bien à plat sur le sol, comme s’il cherchait à ancrer physiquement cette décision dans son corps.

« Je veux ces ressources, je veux faire partie des meilleurs, et je veux les récompenses que les meilleurs reçoivent. »

Ses mains cessèrent enfin de trembler.

« Ce ne sera jamais pour briller, ce ne sera jamais pour être admiré. »

Il ferma brièvement les yeux.

« Mais pour ne plus jamais être impuissant. »

Un frisson discret parcourut sa nuque.

Et comme si cette résolution avait ouvert une brèche, un autre souvenir s’imposa.

Celui de son ‘frère’

Plus violent.

Plus humiliant.

Il sentit sa mâchoire se contracter sans même s’en rendre compte.

« Toi… »

Ce visage.

Ce rire, toujours aussi identique…à chaque fois qu’il détruisait son foyer.

Il serra lentement les poings, les ongles s’enfonçant légèrement dans sa paume.

« Tu pensais que je serais toujours faible. »

Sa respiration se fit plus lourde.

« Tu pensais que je resterais toujours ce gosse qui tremble… »

Il se leva brusquement, fit quelques pas dans la chambre, puis s’arrêta devant le petit miroir près de l’armoire.

Il posa les mains de chaque côté du cadre, se pencha légèrement en avant et observa son reflet.

« Regarde-toi… » pensa-t-il.

Un corps encore maigre.

Des bleus violacés.

Des traits sur son visage bien marqué, et ce n’était pas à cause de la vieillesse.

Mais…

« Ce regard… ce n’est plus le même… »

Il redressa un peu les épaules.

« Je ne suis plus seul… »

Il pensa à Longwy, Mathis et Noé. Des personnes qui étaient prêtes à subir des coups pour lui et à riposter.

« Je ne suis plus sans avenir… »

Son talent divin lui donnait une confiance immense, il savait qu’il pouvait devenir quelqu’un de grand, de très grand.

Une lueur froide traversa ses yeux.

« Je te le ferai payer. »

Il secoua doucement la tête.

« Ce ne sera pas aujourd’hui. »

« Ni demain. »

Puis, presque calmement, il regarda à nouveau sa silhouette dans le miroir :

« Mais un jour, tu comprendras ce que ça coûte… de briser quelqu’un qui n’avait déjà plus rien. »

Il relâcha lentement le cadre du miroir.

Ses épaules retombèrent légèrement.

La tension quitta partiellement son corps.

Il retourna s’asseoir sur le lit, s’allongea et ferma les yeux.

« Assez pour ce soir. »

Ses paupières devinrent lourdes.

« Demain, je marquerai mon retour. »


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