Chapitre 26 - Changer son image
- Kasuma
- il y a 2 jours
- 6 min de lecture
« Première place… »
« 5 pilules de renforcement corporel, 30 000 pièces fédérales… »
« Et un Art Divin de rang bronze au choix dans notre collection ! »
La salle devint soudainement silencieuse avant de soudainement exploser.
« J’ai bien entendu ce que j’ai entendu ? »
« Un art Divin de rang bronze ? »
« Ce n’est pas une blague ?! »
« Professeur, vous êtes sérieux ?! »
…
Le brouhaha explosa comme une détonation. Plusieurs élèves se levèrent à moitié de leur chaise.
Le professeur tapa deux fois la craie contre le tableau.
Tac. Tac.
« Asseyez-vous. Ceux qui crient le plus fort sont rarement ceux qui obtiennent les récompenses. »
Les paroles du professeur calmèrent les ardeurs de nombreux étudiants, mais ils restaient toujours choqués.
« Mais… un Art Divin de rang bronze, ça vaut une fortune ! »
Il fallait savoir que tous les demi-dieux humains éveillaient automatiquement l’Art Divin de rang bronze : Incarnation du Parangon.
Cet art divin permettait à d’innombrables demi-dieux de sortir des phases préliminaires de survie dans la seconde dimension. Sans cet Art Divin, la quantité de demi-dieu survivant pendant les 7 premiers jours mais aussi sur du long terme diminuerait drastiquement !
Ce qui entraînerait à son tour une diminution du nombre de Dieu et donc de la puissance militaire globale de l’humanité !
C’était l’importance qu’avait un Art Divin pour un demi-dieu.
Donc en avoir un second, c’était littéralement synonyme de surpasser d’innombrables demi-dieux de l’univers mais aussi d’améliorer drastiquement ses chances de devenir un Dieu !
Voilà à quel point un Art Divin de rang bronze était précieux !
Entendant un camarade dire qu’un Art Divin de rang bronze valait une fortune, son voisin de table eut une expression méprisante.
« Une fortune ? C’est tellement précieux que ça n’a pas de prix, la transmission d’Art Divin est strictement réglementée par le gouvernement. »
« Même les familles nobles n’en donnent pas facilement à leurs enfants, sinon ils devront s’expliquer au gouvernement si cela venait à se savoir ! »
Plusieurs élèves déglutirent. La valeur réelle d’un Art Divin dépassait largement le concept d’argent.
C’est aussi pour cette raison que même Eléna et Nathaniel sentirent aussi leur sang bouillir.
Les deux se regardèrent soudainement droit dans les yeux.
Cela provoqua directement de la tension dans la classe, la calmant encore davantage.
Ce n’était pas deux simples élèves qui se défiaient du regard, mais deux demi-dieux du premier tour possédant chacun un puissant sacerdoce ! Leur simple présence créait une pression instinctive.
Iris qui se trouvait au milieu des deux ne fut pas le moins du monde impactée. Lui qui possédait une quantité de prosapia semblable à un demi-dieu du second tour ne pouvait pas être impacté par ces deux personnes.
Et c’était étrange aux yeux des autres élèves.
Très étrange.
« Pourquoi ce cancre ne semble pas du tout impacté ? »
Un autre élève réagit en se moquant :
« Il est simplement paralysé par la peur, c’est pour cela qu’il ne bouge plus du tout. »
« Normal. Entre Eléna et Nathaniel, même respirer devient difficile. »
« Deux demi-dieux du premier tour avec de puissant sacerdoce… quelle malchance d’être assis entre eux. »
« S’il ne s’évanouit pas, ce sera déjà un exploit. »
Quelques rires étouffés suivirent.
« Hé, le dormeur. T’as compris au moins ce qu’est un Art Divin bronze ? »
« Même si on te le donnait, tu ne saurais pas l’utiliser. »
« Même s’il savait comment l’utiliser, encore faudrait-il avoir une tribu vivante pour même en avoir l’utilité. »
Cette fois, plusieurs élèves rirent franchement. L’adrénaline créée par l’annonce des récompenses devait être déversé et Iris était la cible idéale.
Le professeur fronça légèrement les sourcils, prêt à intervenir.
Mais avant qu’il n’ouvre la bouche…
Iris se tourna lentement.
Ses yeux mi-clos glissèrent sur le groupe qui parlait.
Sa voix sortit, plate et sans émotion :
« Vous pouvez arrêter s’il vous plaît…C’est ennuyant. »
Les rires se coupèrent net.
Comme si quelqu’un avait tranché le son.
Plusieurs élèves restèrent la bouche entrouverte.
« …Hein ? »
« Qu’est-ce qu’il a dit ? »
« Il vient de dire quoi là ? »
Dans ce contexte, ces mots étaient impensables.
Le garçon qui venait de se moquer cligna des yeux.
« Le cancre de la classe se rebelle ? » finit-il par dire à voix haute sans aucune indiscrétion.
Entendant cela, Iris se leva directement.
Ce mouvement coupa net la confrontation invisible entre Eléna et Nathaniel. Leurs regards glissèrent aussitôt vers lui.
Les deux regardèrent instinctivement Iris. Pour être honnête, tout le monde était encore au stade de demi-dieu du premier tour, ce n’était pas parce qu’ils avaient un puissant sacerdoce qu’ils pouvaient réellement immobiliser un autre demi-dieu.
Tant que la personne avait un minimum de courage, elle pouvait facilement se libérer.
Seulement, tout le monde était surpris qu’Iris se lève dans la salle.
« Que vas-il faire ? »
« Il se rebelle vraiment. »
Mais cette fois, les paroles se firent seulement en murmures.
La classe était construite en forme de petit amphithéâtre. Iris commença à lentement monter les marches et à se diriger vers la personne qui avait parlé à voix haute en dernier.
Personne n’osa rien dire dans la salle, à ce stade personne ne voulait être la cible d’un fou.
Ses pas résonnaient dans l’amphithéâtre.
Sentant que la situation échappait à son contrôle, le professeur intervint.
« Iris ! »
Mais Iris ne s’interrompt pas le moins du monde, ignorant complètement le professeur.
Après un court moment, il arriva juste en face d’un de ses camarades.
« David, ça sent mauvais… » un voisin de classe murmura cela discrètement à David.
David étant le dernier élève à s’être moqué d’Iris.
Il sentit de la sueur couler le long de son dos mais l’orgueil reprit rapidement le dessus.
En sentant tous les regards braqués sur lui et en se remémorant que l’étudiant en face de lui n’était qu’un pauvre élève avec de mauvais résultats scolaires et sans aucune présence, sa peur diminua en grande partie.
« Quoi ? Tu as quelque chose à dire ? »
« Tu vas me frapper ? »
Les paroles provocantes de l’étudiant retentirent dans toute la salle.
Mais à peine ces dernières atterrirent dans les oreilles de tout le monde, qu’Iris empoigna le haut du t-shirt de David avec sa main gauche, tout en armant son bras droit.
« Oui, et je vais me faire plaisir en le faisant. »
David commença à trembler.
Personne n’était mieux placé que lui pour voir que dans les yeux d’Iris, il était tout à fait sérieux !
L’instant suivant, le bras droit d’Iris s’élança droit vers le visage de David !
Ce dernier ferma instinctivement les yeux tout en positionnant ses bras devant lui pour se défendre.
Mais après quelques secondes, rien n’arriva.
En ouvrant les yeux et en écartant légèrement ses bras, David vit une main retenir le bras d’Iris.
C’était le professeur. Il ne voulait pas que les choses dérapent dans sa classe, alors il était bien sûr intervenu.
Pour lui qui était au quatrième stade du raffinement du prosapia, c’était une chose facile.
Seulement, le professeur pouvait clairement sentir la tension dans les muscles d’Iris…Et cette dernière semblait complètement sous le contrôle du jeune homme.
« Ce gamin…Il savait que j’allais le retenir. » pensa-t-il rapidement, surpris.
« Tu as de la chance. » murmura Iris en appuyant son regard encore quelques secondes sur David, avant de se retourner et voir le professeur de très près.
« Ce gamin a vraiment changé ! » pensa le professeur en croisant le regard calme d’Iris.
« …Mais pas de la façon dont je pensais. »
Les deux continuèrent de se regarder quelques secondes, avant qu’Iris ne dit à voix haute.
« Vous pouvez me lâcher professeur ? Je n’ai plus l’intention d’attaquer. » demanda-t-il respectueusement.
Iris savait très bien que ce professeur avait toujours été bon avec lui, alors il ne souhaitait pas lui compliquer la vie.
Et il avait accompli son objectif en intimidant ce camarade de classe.
Puisqu’il s’était décidé à conquérir les ressources du lycée, la première chose à faire était de changer son image.
Et effectivement l’ambiance avait changé.
Plus personne n’osait plus dire quoi que ce soit sur lui, du moins à voix haute.
« Ah oui, bien sûr. » répondit le professeur un peu surpris tout en lâchant le bras d’Iris.
L’affaire ayant été déclenchée par les autres élèves, le professeur ne dit rien de plus à Iris, approuvant ainsi tacitement sa réaction.
Il descendit les marches et reprit sa place tout comme Iris, qui se rassit à côté d’Elena.
Cette dernière avait maintenant un léger sourire amusé.
Le professeur reprit le contrôle de son cours, mais les regards, eux, revenaient souvent, trop souvent, vers le garçon qui, d’habitude, dormait en classe.



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