Chapitre 30 - Pixaya
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« Père, regarde le ciel. »
Yone écouta les paroles de son fils, Tengus, et fut surpris de voir des nuages noirs apparaître dans le ciel.
« C’est étrange, le ciel était pourtant clair et sans nuage…pourquoi soudainement ? » se demanda-t-il à voix haute, tout en réfléchissant attentivement à ce qu’il aurait pu entendre à ce sujet dans le passé.
Sa femme, Katy se tenait à côté de lui, son expression montrant un air inquiet.
Voyant cela, Yone la rassura immédiatement en lui prenant la main.
« Ne t’en fais pas chérie, notre Dieu veille sur nous. Rien ne nous arrivera. »
« Hum. » répondit-elle en serrant la main de son mari, tandis que Tengus resta silencieux pendant quelques secondes avant de retourner s’entraîner.
Tous les membres de la tribu s’étaient également tournés vers le ciel, mais après une courte période d’inquiétude, chacun retourna à ses occupations.
…
Première dimension.
Iris jeta un coup à d’œil à Otas.
Ce dernier eut un frisson en croisant le regard d’Iris, mais il le soutint férocement.
Comme s’il disait :
« Si tu veux continuer à te battre, battons-nous. Je n’ai pas peur de la progéniture des personnes ayant causé la destruction de ma famille. »
Bien qu’à ce moment-là, il savait. Il savait qu’il suffisait d’un mot de la part d’Iris pour que les 3 personnes qui l’entouraient interviennent.
Longwy, Mathis et Noé attendaient aussi, bien que leurs pupilles montraient une pointe de confusion après avoir entendu toutes ces histoires.
Pour des membres de gang ordinaire, c’étaient des informations qu’ils n’auraient jamais dû entendre.
Il semblerait même…que seuls des Dieux et leurs familles devraient être au courant de telles histoires.
Personne ne pouvait imaginer à quel point les forces qui avaient détruit la famille des Vermillon étaient puissantes, rendant même un Dieu tel que Stéphane, impuissant.
Iris détourna ses yeux d’Otas, puis il s’adressa à ses amis sur un ton léger :
« Partons d’ici. »
Le silence retomba immédiatement dans la ruelle.
Otas regarda étrangement Iris, ne comprenant pas ce qui lui passait par la tête pour dire cela.
Les amis d’Iris n’agirent pas directement.
« Tu es sûr Iris ? » demanda Longwy avec un regard sérieux.
« Ce type t’a harcelé toute ta vie, c’est le moment de faire en sorte qu’il n’ose plus jamais le faire. »
Iris jeta un léger regard à Longwy avant de regarder Otas à nouveau.
« C’était sa dernière occasion, à l’avenir il ne pourra plus jamais m’harceler. »
En entendant cela, Otas serra les dents.
Il savait très bien ce que voulait dire Iris par cela.
Contrairement à Lyris et son grand-frère, il était un échec complet. Lorsqu’il était devenu un demi-dieu, il n’avait pas réussi à empêcher la destruction de sa tribu par les menaces environnantes.
Cela fit que la difficulté pour renforcer son corps fut au même niveau que la plupart des personnes de ce monde : au niveau enfer.
Pendant encore de nombreuses années, il restera sans doute au deuxième niveau du raffinement du prosapia, même avec l’aide des ressources que lui procurait son père.
Voyant qu’Iris avait pris sa décision et qu’il ne la changerait pas, Noé alla récupérer la petite boîte cadeau qu’il avait posée sur le côté.
Il vérifia qu’elle n’était pas abîmée tout en soufflant le peu de poussière qui était apparut dessus, puis il revint avec et dit avec un peu d’hésitation :
« Avec Longwy et Mathis, on s’était dit qu’on te ferait la surprise et qu’on irait au restaurant tous ensemble. »
Ces derniers hochèrent la tête, affichant un léger sourire. Longwy plus enthousiaste passa son bras derrière le cou d’Iris et s’exclama :
« Allons-y maintenant, j’ai tellement la dalle ! »
Iris expira lentement, puis hocha la tête.
« Je vous suis les gars. »
Tout le monde était de très bonne humeur, et commença ainsi à partir de la ruelle tout en discutant à voix haute.
Ils passèrent même à côté d’Otas comme si de rien n’était.
Et ce dernier entendit clairement toutes leurs conversations.
« On va t’emmener à un resto où on a l’habitude d’aller, là-bas ils font des pizza, mon dieu elles sont tellement bonnes. » Longwy semblait avoir de la bave et des étoiles rien qu’en y pensant.
« Par contre ne fais pas comme Mathis, à chaque fois il prend la plus épicé et passe le reste de la soirée aux toilettes. » expliqua-t-il tout en riant à voix haute.
« Longwy, devrais-je te rappeler que la seule fois où tu as essayé cette pizza, tu n’as pu manger qu’une part avant de rester bloqué aux toilettes toute la soirée ? » répondit Mathis tout en levant les yeux et en affichant un sourire mesquin.
À cela, Longwy grimaça.
« Tu l’as bien cherché. » commenta à voix basse Noé mais tout le monde l’entendit clairement.
Iris commença à rire en entendant les échanges, après cette petite épreuve dans la ruelle, il se sentit complètement incorporé dans ce petit groupe d’amis.
Otas jeta un dernier coup d’œil aux dos des 4 personnes qui s’éloignaient et qui se dirigeaient vers la rue animée, avant de se retourner et de regarder la scène devant lui.
Il y avait des traces de sang sur le sol et les murs, perceptible au rythme du clignotement du lampadaire dans la rue.
Un de ses amis était inconscient, son dos reposant contre un mur de la ruelle tandis que le deuxième était allongé au sol, également inconscient.
S’il ne voyait pas leur poitrine s’abaisser et remonter régulièrement, il penserait même qu’ils étaient morts.
« Comment on s’est retrouvé dans cette situation ? Qui même à des amis aussi forts ? »
Otas était vraiment perdu à ce moment-là. Toute sa vie, à chaque fois qu’il « jouait » avec Iris, cela se passait toujours extrêmement bien.
Il soupira de frustration.
Au vu de l’état de ses amis, il faudrait probablement qu’ils récupèrent pendant plusieurs mois.
Et il n’avait clairement pas envie d’en rester là.
« Si tu penses que maintenant que tu es devenu un demi-dieu, tout ira bien, tu as tort Iris. Bien tort. »
Otas sortit son téléphone, et une sonnerie régulière retentit dans la rue.
Bip
Une voix grave et forte retentit, de la musique en fond pouvait être entendue.
« Otas ? Tu veux quoi ? »
Otas afficha une expression sérieuse.
« J’ai besoin de ton aide Jacob. »
…
La nuit était déjà presque tombée, les rues densément peuple restaient extrêmement animées. La plupart étant des étudiants ou des personnes rentrant du travail.
Les lampadaires éclairaient les pavés d’une lumière chaude, les enseignes clignotaient au-dessus des boutiques encore ouvertes malgré l’heure avancée.
Bientôt, Iris et ses amis arrivèrent dans une rue où de nombreux restaurants étaient alignés. L’odeur de nourriture grillée, de frites et d’épices flottait dans l’air.
Iris marchait côte à côte avec Longwy tandis que Noé et Mathis discutaient entre eux.
Son corps lui faisait mal maintenant que l’adrénaline avait disparu. Chaque pas réveillait une douleur sourde dans ses côtes. Sa mâchoire tremblait à cause de la douleur rémanente.
Il semblait même qu’il avait son arcade gonflée, ce qui réduisait un peu son champ de vision.
Mais il avançait sans se plaindre.
Longwy lui parlait sans interruption, décrivant la pizzéria comme s’ils faisaient des œuvres divines.
Mathis se retournait parfois pour le corriger sur des détails. Noé, plus discret, jetait de temps en temps un regard vers Iris, visiblement inquiet de son état.
Dans la rue, de nombreuses personnes les regardaient à cause de l'état d’Iris. Mais seul Noé s’en souciait vraiment, Longwy et Mathis ignoraient complètement ces regards.
Au contraire, parfois Longwy faisaient quelques clins d’œil aux femmes qui regardaient Iris.
« Vraiment ce type est tellement drôle. » pensa Iris, sentant sa douleur diminuer grâce à l’énergie positive que dégageait Longwy.
Aucune d’entre eux ne mentionna Otas.
Pas une seule fois.
Chacun avait le droit à sa vie privée, et Iris était également heureux qu’ils ne posent pas davantage de question sur son passé.
Après quelques minutes de marche, ils tournèrent dans une rue plus étroite mais encore plus vivante.
Des rires s’échappaient des terrasses tandis que des groupes d’étudiants et de jeunes professionnels discutaient bruyamment.
C’était la vie que menaient 99% des personnes sur Xaya et cela n’avait pas évolué depuis d’innombrables années.
Puis Longwy s’arrêta devant une devanture lumineuse.
Une enseigne rouge vif où il était écrit ‘Pixaya’ surplombait la porte vitrée.
À travers la vitre, on voyait un four en briques et un pizzaiolo qui faisait tourner la pâte en l’air.
« Nous y voilà ! » annonça Longwy fièrement, comme si le lieu lui appartenait.
Sans attendre, tout le monde entra.
La chaleur les enveloppa immédiatement. L’odeur du fromage fondu, de la pâte bien cuite et de différents ingrédients frappa Iris de plein fouet. Son estomac, qui était resté silencieux jusque-là, se manifesta aussitôt.
« Ahhhh, j’ai tellement faim d’un coup. »
Ils s’installèrent autour d’une table ronde près de la vitre.
Iris prit place doucement, essayant de ne pas grimacer en s’asseyant. Noé posa la petite boîte cadeau sur la table, mais légèrement sur le côté, comme si le moment n’était pas encore venu.
Très rapidement une serveuse reconnut Longwy, Noé et Mathis et leur fit un signe de la main tout en venant à leur rencontre.
Elle avait des longs cheveux verdoyants, ainsi qu’un visage presque angélique.
Iris pensa immédiatement :
« Je comprends mieux pourquoi ils aiment venir ici si souvent. »
En peu de temps elle arriva à leur table et leur adresse la parole avec énergie :
« Hello les gars, ce sera comme d’habitude ? »
« Salut Viper, non ce sera peut-être un peu différent de d’habitude cette fois. », répondit Longwy avec un grand sourire.
Puis il pointa du doigt Iris.
« C’est son anniversaire. »



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