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Chapitre 35 - La conclusion d'une bataille bien trop tragique...mais rentable

  • il y a 11 heures
  • 7 min de lecture

Et se jeta dans la mêlée comme un lion sauvage ayant perdu toute rationalité.

Diverses scènes se produisaient en temps réel et à divers endroits du champ de bataille, comme dans un film hollywoodien, sauf que c’était la réalité.

Iris observait tout cela, sans émotion apparente.

Il jetait seulement plus souvent des coups d’œil à Yone, Katy, Tengus et quelques Léonarcs particulièrement forts.

De nombreux guerriers gobelins étaient retenus par eux. Sans la présence de puissants Léonarcs comme eux, la ligne de défense aurait pu déjà s’écrouler depuis un long moment.

Après tout, un guerrier gobelin était un guerrier d’élite au sein de l’espèce gobelin. Leur apparition nécessitait de nombreux facteurs rendant leur quantité extrêmement faible.

Ils avaient évolué au sein de leur propre espèce après avoir survécu à de nombreux combats. Leur puissance de combat était tellement élevée qu’elle n’était pas inférieure à celle d’un guerrier Léonarc ordinaire bien entraîné, mais restait inférieure à celle d’un vétéran.

S’ils avaient la rigueur et les méthodes d’entraînement des Léonarcs, leur puissance de combat pourrait être encore plus élevée et pourrait surpasser celle d’un vétéran Léonarc.

Mais comparé à la puissance de combat de Yone et de quelques autres, ils n’étaient pas du tout au même niveau.

Les gobelins restait une espèce qui comptait toujours plus sur la quantité que sur la qualité.

En comprenant ces facteurs, ce combat ne pouvait que se finir tragiquement même avec l’aide d’Iris.

Le temps devint flou.

Une heure. 

Des centaines de cadavres gobelins recouvraient le sol, accompagné de celui d’une dizaine de Léonarc.

Le sang avait transformé la terre en une boue sombre et épaisse, où chaque pas s’enfonçait dans le sol avec un bruit visqueux. Des corps disloqués gisaient dans des positions impossibles, certains encore secoués de spasmes nerveux, comme si la vie refusait de les quitter totalement.

Le fracas des armes résonnait encore partout, métallique, brutal, mêlé aux râles des blessés et aux cris déchirants de ceux qui luttaient pour survivre. Une lance se planta dans la chair d’un corps avec un bruit sourd, suivi d’un gargouillement étouffé. 

Personne ne saurait dire si c’était un gobelin ou un Léonarc qui venait de se prendre ce coup mortel.

Plus loin, gobelin éventra un Léonarc d’un coup violent, les entrailles se répandant dans la boue déjà saturée de sang.

Ce Léonarc ne comprit pas ce qui venait de lui arriver, il entendit seulement un cri de rage non loin tandis que le gobelin qui venait de le tuer, léchait le sang sur son couteau avec délectation. Son visage hideux affichant une expression extrêmement joyeuse, comme s’il venait de vivre un plaisir impossible à décrire.

Puis il ferma les yeux pour toujours alors que son corps tombait lourdement au sol.

Diverses scènes extrêmement violentes se produisaient partout.

L’air lui-même semblait devenu lourd, irrespirable, chargé de l’odeur âcre du fer et de la mort. Et au milieu de ce chaos, la bataille continuait, impitoyable, engloutissant les vivants aussi sûrement qu’elle recouvrait les morts.

Deux heures s’écoulèrent.

Les cris diminuèrent.

Les chocs s’espacèrent sur le champ de bataille.

Et finalement…

le silence.

Un silence lourd.

Pesant.

Brisé seulement par la pluie tombante et les respirations haletantes.

Des centaines de gobelins pouvaient être vus en train de fuir.

Les autres…resteraient au sol pour toujours.

Les Léonarcs avaient gagné.

Mais à quel prix ?

Des corps étaient étendus partout.

Des corps de gobelins et de Léonarcs, mêlés dans la boue et le sang.

Iris qui avait tout observé depuis le début sans dire un mot, fit rapidement le compte.

« Une trentaine de Léonarcs… ne se relèveront jamais. »

Iris ne savait pas quoi penser de cette bataille.

En jetant un coup d’œil en bas, il vit Marc tomber à genoux.

Ce brave guerrier avait montré une puissance de combat extraordinaire tout au long de la bataille, ayant même terrassé plus de 3 guerriers gobelins par lui-même.

Sans sa présence, d’autres Léonarc aurait pu décéder à cause de la force de ces 3 guerriers gobelins.

« Ses mains tremblent. »

Marc balaya les visages de ses camarades et amis, tous marqués d’une profonde tristesse mêlée à une pointe de soulagement et de réticence.

« …on a gagné… » murmura-t-il.

Mais sa voix était vide ; il avait perdu ses deux fils.

Il vit même un de ses fils se faire éventrer par un gobelin juste devant ses yeux.

Pendant un moment, il se demandait même si cela valait la peine de continuer à vivre.

Mais il repensa à sa femme qui était resté à l’intérieur du village puisqu’elle était enceinte de leur troisième enfant.

« Comment vais-je lui annoncer ça ? »

« Pourquoi ai-je survécu ? Si seulement je pouvais faire ramener à la vie un de mes fils au prix de la mienne, je le ferais sans hésitation…»

Plus il pensait à ce genre de chose, plus Marc était en colère.

En colère contre ce monde si brutal et injuste.

Au-dessus, Iris continuait d’observer. Des Léonarcs dans une situation similaire à celle de Marc n’était pas rare. 

Tous les Léonarcs combattaient avec leurs pères, frères, soeurs, oncle, tante, cousin…

Tous avaient perdu des membres très proches de leur famille, et ils les avaient même souvent vu mourir de leurs propres yeux.

Ils avaient vu l’âme de la vie disparaître rapidement de leurs corps pour toujours. Ce sentiment…était très difficile à expliquer à quelqu’un qui ne l’a jamais vaincu.

Le regard d’Iris était fixe.

Silencieux.

Durant cette bataille, il fut le plus grand gagnant.

[Affichage du panneau des croyants en comparaison d’il y a 2 heures]

Non-croyant : 10 --> 10

Croyant superficielle : 150 --> 112

Véritable croyant : 11 --> 29

Fanatique : 0

Saint : 0

Total : 171 --> 141

Foi quotidienne : 40,2 unités.

« La foi quotidienne pouvant être récolté à presque doubler. » analysa Iris sans émotion.

« À ce rythme-là, il ne me faudra que 44 jours pour passer au second royaume, sans compter que la foi quotidienne continuera d’augmenter légèrement au fur et à mesure. »

C’était la conséquence de la décision qu’il avait prise.

Dans son corps, il restait moins de 30% de son prosapia.

Mais 30%, cela restait énorme, c’était même plus que le prosapia total d’un demi-dieu du premier tour ordinaire.

Avec ces 30% restants, il aurait pu faire bien plus et sauver de nombreux Léonarc.

« Si je l’avais voulu, j’aurais pu sauver les 2 fils de Marc. » murmura Iris en se mordillant les lèvres.

Mais il avait calculé, et il devait utiliser ces 30% autrement.

Et le moment était venu de les utiliser.

Son expression devint froide.

Résolue.

Sa voix résonna alors.

Dans chaque esprit des membres de la tribu Léonarc.

Clair.

Solennelle.

Imposante.

« Braves guerriers… »

Tous les Léonarcs se figèrent.

Certains levèrent immédiatement les yeux vers le ciel.

D’autres tombèrent à genoux, comme si cette voix venait de les ramener à la réalité.

« Vous avez bien combattu. »

La pluie semblait ralentir, les nuages s’éclaircir.

Ils firent place à la douce chaleur des deux soleils.

Le temps lui-même semblait suspendu.

« J’accueillerai personnellement les âmes des défunts guerriers dans mon Royaume Divin. »

Un frisson parcourut toute la tribu.

Des larmes apparurent.

Des sanglots éclatèrent.

« Reposez-vous bien. »

Un Léonarc s’effondra au sol, pleurant.

« …Ils ne sont pas seuls… »

Une femme serra le corps de son compagnon contre elle.

« Notre Dieu… il t’a accueilli. »

« Je te rejoindrai plus tard, attends-moi chéri. »

Marc ferma les yeux.

Des larmes silencieuses coulèrent sur ses joues.

« …merci… »

Même les plus forts tels que Yone, Katy et Tengu…

tremblaient.

Mais ce n’était plus de la peur.

C’était…

du soulagement.

De l’espoir.

L’espoir de revoir un jour leurs proches.

La tribu était si petite que tout le monde se connaissait.

Perdre ne serait-ce qu’une personne était toujours tragique, sans parler d’une trentaine.

Cela représentait presque 1 membre sur 5 de la tribu qui n’ouvrirait plus jamais les yeux, ainsi que presque 30% des guerriers de la tribu.

Mais grâce au geste d’Iris, ils savaient.

Ils savaient que le sacrifice des leurs ne serait pas vain, qu’ils pourraient toujours discuter avec eux à l’avenir.

Dans le Royaume Divin de leur Dieu.

Au-dessus…

Iris resta immobile.

Son regard… légèrement assombri.

Son corps est désormais presque vide de prosapia.

Communiquer avec les croyants consommait énormément de prosapia.

Lorsque cela était réalisé à large échelle, cela devenait une quantité astronomique même si seulement quelques mots étaient prononcés.

Les barrières entre la première et la seconde dimension ne pouvaient être si facilement franchies.

Mais ce n’était pas le plus important.

« …J’ai menti… »

Ses lèvres se pincèrent.

Il n'avait pas du tout la capacité d’accueillir des croyants décédés dans un quelconque Royaume Divin.

Mais… Il se devait de fournir de l'espoir et de l'aide à sa tribu.

C’était en partie à cela que servait la religion.

Et effectivement, avec seulement ces quelques phrases, il avait également gagné énormément de véritables croyants.

Il ne voulait pas regarder, mais il savait qu’il avait acquis suffisamment de véritables croyants pour passer au second tour du stade de demi-dieu avant l’examen mensuel.

D’un point de vue rationnel, c’était une opération extrêmement rentable.

« J’ai seulement appliqué ce que j’ai appris en cours. » pensa-t-il, comme pour se rassurer inconsciemment.

Mais…

il ferma les yeux un instant.

« C’était ce qu’il fallait faire. »

Cette fois, il en était convaincu.

Un souffle lent.

Puis, au fond de lui…

Une pensée.

Ferme, Inébranlable.

« Ce n’est pas parce que je n’ai pas cette capacité aujourd’hui… »

Ses yeux se rouvrirent.

Froids.

Déterminés.

« …que je ne l’aurai pas plus tard. »

De retour mentalement dans la pizzeria, Iris ouvrit les yeux.

À table, ses amis qui attendaient patiemment jusque-là, et qui avaient compris qu’une urgence était arrivée, furent choqués.

Les yeux d’Iris étaient froids et sauvages. Comme si l’instant suivant, si quelqu’un lui adressait la parole, il l’attaquerait directement sans poser de questions.

« Qu’est-ce qui est arrivé ? » demanda Longwy, doucement et très sérieusement.

Iris était resté les yeux fermés pendant plus de trois minutes, trois longues minutes où ses amis s’inquiétèrent mais n’osèrent pas poser la moindre question.

Longwy, Mathis et Noé avaient tous les trois toujours leur tribu vivante, mais ils parvenaient toujours à peine à protéger leur tribu.

En près de 400 ans d’existence, ils avaient vu et vécu d’innombrables événements dangereux.

C’était aussi pour cela qu’ils savaient à quel point, gagné ou perdu, une bataille était généralement très tragique et affecterait sans aucun doute le futur de la tribu ainsi que le leur.

Peu de Dieu pouvait conserver leur humeur intacte après cela, même après des dizaines de milliers d’années passées auprès de leur tribu.

« Un millier de gobelins ont attaqué ma tribu. » finit par dire Iris, son ton froid.

« Et le résultat ? » demanda prudemment Mathis.

Iris resta silencieux quelques instants, laissant sans le vouloir, une pression s’installer à table.

Il joua légèrement avec la dent accrochée à son collier, personne ne sachant à quoi il pensait.

Puis il finit par dire :

« Ma tribu s’est bien battue et les a repoussés. »

Ses amis poussèrent un soupir de soulagement.


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