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Chapitre 34 - ...et elle fut tragique

  • il y a 4 jours
  • 7 min de lecture

Les gobelins n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres.

Leurs cris stridents perçaient l’air.

Leurs armes levées, pointées en direction des Léonarcs.

Leurs yeux remplis de folie.

Yone leva lentement le bras.

« Archers… »

Les arcs se tendirent.

Les cordes vibrèrent légèrement sous la pression.

« Attendez… »

Trente mètres.

Vingt-cinq mètres.

Les gobelins accéléraient.

Leur visage immonde et assoiffé de sang était visible par tous.

20 mètres.

« Tirez ! »

TWANG !

Une volée de flèches fendit l’air.

Puis une seconde.

Puis une troisième.

Les projectiles rudimentaires, bien que simples, devinrent mortels à cette distance.

Des dizaines de gobelins s’effondrèrent immédiatement.

Transpercés à la gorge.

À l’œil.

À la poitrine.

Leur élan fut brisé.

Mais seulement un instant.

« Continuez ! » hurla Yone.

Les archers tirèrent encore.

Encore.

Encore.

Chaque flèche trouvait sa cible avec une précision accrue, amplifiée par la bénédiction invisible d’Iris.

Les archers Léonarcs étaient exceptionnellement habiles et forts, tirer de nombreuses flèches en quelques secondes était relativement facile pour eux.

Grâce à leur prouesse, une cinquantaine de gobelins tombèrent.

Mais la marée…ne ralentit pas le moins du monde.

« Descendez ! » cria soudain Yone.

Sans hésitation.

Sans peur.

Les archers sautèrent des toits et passèrent par-dessus la palissade en bois.

Ils ne reculèrent pas.

Ils ne restèrent pas en sécurité.

Ils saisirent leurs lances.

Leurs épées.

Leurs dagues.

Et vinrent se placer aux côtés des guerriers derrière la palissade.

Cet acte…n’était pas normal.

Dans la majorité des tribus, les archers restaient en retrait.

Ils étaient protégés, préservés.

Mais pas ici.

Pas chez les Léonarcs.

« Ensemble ! » cria Katy d’une impulsion soudaine, pour rallier le moral des troupes.

« Ensemble ! » répondirent les guerriers.

La première vague arriva rapidement.

Le choc fut brutal.

Le combat au corps à corps explosa.

Violent.

Rapide.

Brutal.

Sous l’effet du pouvoir d’Iris, leurs corps réagissaient avec une efficacité redoutable.

Du sang gicla à de nombreux endroits en l’espace d’un instant.

Un Léonarc esquiva une lame rouillée avec une facilité déconcertante, puis planta sa lance dans la gorge d’un gobelin.

Un autre bloqua un coup, riposta immédiatement, brisant la mâchoire de son adversaire.

« Ils sont plus faibles que nous ! » cria un vétéran pour rassurer les recrues.

Mais sa voix fut ensevelie par le chaos retentissant produits par une centaine de combats qui se déroulaient en simultané.

Les premières vagues furent repoussées.

Utiliser le terme ‘massacré’ n’était pas non plus déconnecté de la réalité.

Les gobelins tombaient par dizaines à chaque seconde.

Mais…

ils continuaient d’arriver.

Encore.

Et encore.

La fatigue commença déjà à apparaître chez certains Léonarcs novice à cause du stress.

Un Léonarc reçut un coup de lame au bras.

« Gah ! » Il cria de douleur alors que du sang jailli de son bras.

Il recula d’un pas.

Puis s’arrêta.

Ses yeux se fixèrent sur sa blessure.

« …hein ? »

La plaie…

se refermait.

Lentement.

Mais visiblement.

À l’œil nu.

« Ma blessure… elle… »

Il serra son bras.

La douleur diminuait déjà.

« Elle guérit ! »

Un autre, frappé à la cuisse, écarquilla les yeux.

« Comment est-ce possible ? »

Un rire nerveux, puis sauvage, éclata.

« On ne peut pas mourir facilement ! »

« Le Dieu nous protège ! »

« C’est un miracle divin ! »

Leur férocité changea.

Elle devint…

implacable.

Ils frappaient plus fort.

Avançaient davantage.

Refusaient de reculer.

Mais la réalité ne tarda pas à les rattraper.

Un gobelin plus imposant surgit.

Sa lame s’abattit violemment.

« Attention, c’est un guerrier gobelin ! »

Un jeune Léonarc entendit l’avertissement d’un aîné de la tribu mais il n’eut pas le temps d’esquiver.

Le coup lui traversa la poitrine.

Il s’effondra.

Ses yeux vides fixant le ciel, comme s’il voulait voir la silhouette du fameux Dieu qui les protégeaient.

Mais tout ce qu’il vit fut des nuages gris et des gouttes d’eau qui tombaient par milliers.

« NON ! » cria une recrue.

« Il est mort ! »

La panique menaçait de se propager.

Mais immédiatement un crie surgit :

« GARDEZ VOTRE CALME ! »

Un vétéran apparut, écrasant le guerrier gobelin en question d’un coup brutal.

« Ne regardez pas les morts ! »

Un autre renchérit, sa voix ferme malgré le sang sur son visage :

« Ne faites pas en sorte que leur sacrifice soit vain ! »

Il planta sa lance dans un ennemi.

« Battez-vous avec méthodologie ! »

Un troisième, plus âgé, cria :

« Comme à l’entraînement ! »

Un autre continua :

« Pour rester en vie ! »

D’autres cries se suivirent à divers endroits du champ de bataille :

« La tribu aura besoin de vous dans le futur ! »

« Oui, vous avez un futur devant vous ! »

« Ne flanchez pas maintenant ! »

Les recrues tremblaient.

Mais elles ne fuirent pas.

Elles serrèrent leurs armes.

Et continuèrent de se battre.

Sous la pluie.

Sous le sang.

Sous le regard invisible de leur Dieu.

Le temps passa lentement, le nombre de guerriers Léonarc tombant au combat augmenta.

Et malgré les pertes…

La ligne de défense Léonarc ne céda pas.

À l’arrière du village, dans la hutte appartenait à la famille de Yone, celle-ci à peine éclairée par la lumière tremblante d’une torche, deux petites silhouettes étaient recroquevillées l’une contre l’autre.

Atros, cinq ans, serait un morceau de fourrure entre ses doigts, ses oreilles légèrement rabattues par l’inquiétude. À côté de lui, Favia, plus âgée d’un an, fixait la porte comme si elle pouvait voir à travers.

Un bruit sourd résonna dehors.

Favia sursauta.

« …Tu as entendu ? »

Atros hocha lentement la tête, ses yeux grands ouverts.

« Oui… »

Un autre cri, plus lointain cette fois, pouvait être entendu.

Le petit garçon avala difficilement sa salive.

« Tu penses que c’est le cri d’un gobelin ? »

Favia ne répondit pas tout de suite. Elle se mordit la lèvre, puis tenta de redresser les épaules, imitant inconsciemment ses parents.

« Oui. » dit-elle d’une voix qui se voulait assurée.

Mais ses doigts tremblaient.

« Tu penses que notre tribu va gagner ? »

Atros était généralement un garçon très actif et qui se battait souvent avec les autres. Mais à ce moment-là, il était plus que apeuré.

Silence.

Favia fit un câlin à son frère.

« Bien sûr. » répondit-elle finalement, plus doucement.

Puis elle continua, presque en murmurant :

« Papa gagne toujours… »

Mais dans son regard… il y avait une peur qu’elle ne pouvait pas cacher.

Sur le champ de bataille.

Le chaos était total.

La pluie transformait le sol en bourbier, les corps s’y enfonçaient, les pas devenaient lourds… mais les Léonarcs continuaient de repousser les gobelins, les uns après les autres.

Un guerrier ordinaire, Torak, haletait lourdement.

Du sang coulait sur son front, brouillant sa vision.

« …Encore… »

Devant lui, trois gobelins approchaient, leurs armes pointant directement en sa direction.

Il resserra sa prise sur sa hache.

« Encore… »

Le premier attaqua.

Torak pivota, esquiva de justesse, puis abattit son arme avec une violence brute.

CRAC.

Le crâne du gobelin céda.

Le second tenta de profiter de l’ouverture dû à l’attaque.

Mais Torak, porté par la chaleur divine dans son corps, réagit plus vite qu’il ne l’aurait cru possible.

Il attrapa le bras du gobelin.

Serra.

Un craquement retentit.

Puis il planta sa lame dans sa gorge.

La scène était d’une violence inouï pour quelqu’un qui n’avait jamais connu la guerre.

Le troisième hésita.

Erreur fatale.

« TROP LENT ! » rugit Torak, ayant toujours de l’énergie à revendre.

Et il écrasa sa hache d’un coup frontal sur le gobelin.

Ce dernier fut directement divisé en deux.

Il resta là quelques secondes, respirant lourdement.

Puis, une silhouette sombre avança vers lui.

« Un guerrier gobelin. » murmura-t-il, un éclat brillant dans ses yeux.

« Voilà un défi plus intéressant. »

Un peu plus loin…

Une Léonarc, Sira, se battait avec une précision terrifiante.

Ses mouvements étaient fluides.

Précis.

Chaque coup était calculé.

Elle recula d’un pas, esquivant une lame, puis trancha les tendons d’un gobelin.

Celui-ci hurla en tombant.

Elle enchaîna immédiatement.

Un coup à la gorge.

Puis un autre.

Et un troisième.

Trois ennemis tombèrent en quelques secondes.

Mais alors qu’elle reprenait son souffle…

une lance traversa son flanc.

Son corps se figea.

Ses yeux s’écarquillèrent.

« …ah… »

Le gobelin derrière elle ricana.

Mais il n’eut pas le temps.

Un autre Léonarc surgit et lui fracassa le crâne.

« Sira !? » s’inquiéta immédiatement ce dernier, sans pour autant oser baisser les yeux vers sa campagne.

« Tu vas bien !? »

Sira tomba à genoux.

Du sang coulait abondamment.

Elle posa une main sur sa blessure.

Elle tremblait.

Puis…

Elle vit.

La chair… se refermait.

Lentement.

Très lentement.

Mais suffisamment.

Un rire faible s’échappa de ses lèvres.

« Il en faudra bien plus pour m’abattre. » dit-elle avec un sourire fier et sauvage.

Ces paroles rassurèrent immédiatement son compagnon.

De son côté, elle se releva.

Et reprit le combat.

Plus loin encore…

Un jeune Léonarc, à peine sorti de l’adolescence, combattait aux côtés d’un vétéran.

« Derrière toi ! » cria ce dernier.

Le jeune se retourna trop lentement.

Une lame descendit.

Le vétéran s’interposa immédiatement.

La lame s’enfonça profondément dans son épaule.

« Gah ! »

Mais il ne recula pas.

« Papa ! » cria immédiatement le jeune avec panique.

Le père ne répondit pas et planta sa propre arme dans le ventre du gobelin qui avait attaqué son fils, l’achevant immédiatement.

Puis il se tourna vers le jeune.

« …reste concentré… » souffla-t-il.

Le jeune tremblait.

« Je… je suis désolé. »

Le vétéran le fixa droit dans les yeux.

« Tu veux vivre ? »

Le jeune hocha la tête frénétiquement.

« Alors bats-toi correctement Alan. »

Puis, malgré le sang, il repartit à l’assaut.

Le jeune Léonarc avala difficilement sa salive.

« Je te promet que je vais faire attention. »

Quelques minutes plus tard…

pschit

Le bruit d’une lame pénétrant dans la peau, mais aussi dans les organes internes.

Ce son si faible mais si particulier fut immédiatement perçu par le jeune Léonarc qui se retourna immédiatement.

Il vit le vétéran…non son père debout devant lui son épée plongée dans le cœur d’un guerrier gobelin.

Mais le guerrier gobelin avait un sourire machiavélique.

Son épée était logée dans le cœur du guerrier Léonarc.

Le vétéran tomba l’instant suivant au sol avec le guerrier gobelin.

Alan resta figé.

« …non… »

« Papa… »

Ses mains tremblaient.

Puis…

ses yeux changèrent.

Il hurla.

Et se jeta dans la mêlée comme un lion sauvage ayant perdu toute rationalité.


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