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Chapitre 33 - Une guerre qui s'annonce tragique, arrive.

  • il y a 5 jours
  • 6 min de lecture

La luminosité des deux soleils berçait sa silhouette.

Pendant un moment, Katy se souvint des images de son mari lorsqu’il se battait dans leur ancienne tribu.

C’était un génie depuis son plus jeune âge, il a toujours été plus fort que les autres, plus travailleur que les autres et surtout…Il n’avait peur de rien.

« Ce type…il oserait même brandir sa lance contre un Dieu. » pensa Katy, un léger sourire accroché aux lèvres.

C’était le premier homme qu’elle n’avait jamais aimé, et ce serait également le dernier.

Non loin de là, Tengus organisait les lignes arrière à l’intérieur d’une gigantesque hutte.

À l’intérieur se trouvaient de nombreux lits de fortune ainsi que du matériel médical très rudimentaire. L’odeur très particulière des herbes médicinales pouvaient y être sentie.

« Après la bataille, vous aurez énormément de travail. Vous devrez sauver un maximum de nos camarades…Même moi je pourrai me retrouver ici. »

Une vieille femme, semblant être la meneuse répondit :

« Comptez sur nous, jeune maître. »

« Je compterais alors sur vous. »

Mais malgré les ordres, malgré la discipline grandissante du village… la peur était là.

Visible.

Palpable.

Et surtout… naturelle.

À l’écart de la palissade, près d’un groupe de huttes, plusieurs familles se rassemblaient dans l’urgence.

Une mère serrait son enfant contre elle, caressant doucement ses cheveux tremblants.

« Maman… ils vont nous faire du mal ? » demanda la petite voix, brisée par la peur.

La femme hésita une fraction de seconde.

Puis força un sourire.

« Non… ton père est là… et le chef Yone aussi. Rien ne nous arrivera. »

Ses doigts tremblaient pourtant légèrement en caressant la joue de l’enfant.

Un peu plus loin, une scène bien différente se déroulait.

Un garçon d’une dizaine d’années se débattait violemment alors que son père tentait de le retenir.

« Lâche-moi ! Je peux me battre ! » cria-t-il, les yeux brillants de détermination.

« Je suis assez fort ! Je l’ai déjà prouvé ! J’ai déjà tué un gobelin par mes propres moyens, je peux en tuer des dizaines d’autres ! »

Son père serra les dents, son visage durci par une colère mêlée de peur.

« Tais-toi ! » gronda-t-il.

Mais l’enfant continua de résister.

 « Non ! Je peux aider ! Je peux »

CLAC.

La porte de la hutte se referma brutalement.

Le père venait de pousser son fils à l’intérieur et de verrouiller l’entrée avec une barre de bois.

 « Tu restes ici. » dit-il d’une voix ferme, presque tranchante.

Puis il s’en alla, armé d'une épée courte.

De l’intérieur, des coups sourds commencèrent immédiatement à résonner.

« NON ! LAISSE-MOI SORTIR ! »

« JE VEUX ME BATTRE ! »

Les cris continuèrent, l’enfant ne sachant pas que son père n’était déjà plus là.

« JE NE SUIS PAS UN ENFANT ! »

«  JE PEUX ME BATTRE AUSSI ! »

Il cria ainsi pendant une trentaine de secondes ainsi.

Puis…

Ses cris changèrent.

Ils se brisèrent.

Les coups contre la porte devinrent irréguliers.

Plus faibles.

 « …je veux pas rester ici… »

« …papa… »

La voix du garçon tremblait maintenant.

Chargée de tristesse.

« …je veux pas… que tu meures… »

Sa voix rauque résonnait dans un silence terrifiant.

Puis un sanglot étouffé.

« …Je ne veux pas grandir tout seul papa… »

« …J’ai besoin de toi… »

Plus loin, une mère ajustait son armure rudimentaire, ses trois enfants devenus adultes à ses côtés.

Le plus jeune serrait sa lance avec nervosité.

« Mère… ils sont vraiment si nombreux ? »

Elle observa un instant la ligne sombre à l’horizon.

Puis répondit calmement :

« Oui. »

Le silence s’installa.

Puis l’aîné, plus grand, plus stable, serra son arme.

« Alors on tiendra. »

Elle tourna la tête vers lui.

Le regarda longuement.

Puis posa une main légère sur son épaule.

 « On tiendra et on survivra. » affirma-t-elle.

Au-dessus de tout cela…

Iris observait.

Chaque scène.

Chaque émotion.

Chaque peur.

Son regard se durcit imperceptiblement.

« C’est vraiment une tribu guerrière. Jamais ils ne fléchissent même si leur peur est toujours bien présente. »

Il observa Yone, toujours debout, toujours solide.

« J’ai vraiment eu de la chance en ayant un tel homme au sein de ma tribu. »

Des individus du même calibre que Yone était extraordinairement rare.

Il pourrait même ne pas en avoir dans des tribus de dizaines de milliers de personnes.

Puis le regard d’Iris glissa vers l’horizon.

Vers cette marée de gobelins.

Celle-ci venait de pleinement se dévoiler.

« Il y en a au moins… »

« 1000. »

1000 gobelins.

Un nombre stupidement déraisonnable.

Iris se souvint de ses cours.

« Un tel nombre a de quoi anéantir aisément 99% des tribus de moins de 300 individus dans la seconde dimension et blesser grièvement 99% des tribus de moins de 500 individus. »

Sa tribu comptait seulement 170 membres, et à peine plus d’une centaine d’individus capables de se battre.

Même si les Léonarcs possédaient une puissance de combat individuelle plus élevée que la moyenne par rapport aux autres races, ils n’étaient pas invincibles pour autant.

Sa conscience vibra légèrement.

« Si je fais une erreur… »

Il serra les dents.

« Ils disparaissent tous. »

Mais ses yeux montraient une farouche résolution à se battre.

Iris sentit son prosapia bouillonner. Grâce à sa maîtrise de la méthode Jiyu, sa réserve d’énergie était plus vaste que jamais. Il ne se contenterait clairement pas de rester spectateur.

Une minute.

Deux minutes.

Trois minutes.

Le sol tremblait sous les pas des gobelins qui se rapprochaient tandis que les Léonarcs en poste fixaient leurs yeux sur cette marée verte.

Yone, Katy, Tengus, Marc et les autres Léonarcs étaient prêts à voir couler du sang.

Alors que la première vague gobeline s'élançait dans un cri strident, Iris ferma les yeux une fraction de seconde, visualisant le flux divin. Il ne pouvait pas encore se transformer,  l'Art Divin de l'incarnation du Parangon était trop coûteux et surtout que face à un tel nombre d’ennemis, même Iris ne pourrait influencer significativement la situation.

Il devait trouver une méthode capable de renverser la situation tout en optimisant les bénéfices d’après bataille.

Notamment pour avoir plus de croyants.

C’était la vision que tout demi-dieu se devait avoir.

Une utilisation optimisée de leur propre pouvoir. Ils devaient avoir une vision à long terme, c’était à la fois dans leur propre intérêt mais aussi pour celui de leur civilisation.

Et grâce à sa vaste quantité de prosapia, Iris disposait de méthodes impensables par rapport à d'autres demi-dieu du premier tour.

« Eau, obéis-moi », murmura-t-il.

Tel un élément déclencheur, son prosapia commença à trembler puis à bouillonner en réaction à ses paroles.

Iris pinça ses lèvres.

« Sans méthode précise, je gaspille énormément de prosapia…mais c’est la seule chose qui me vient en tête… »

« Après tout…La seule chose dont je ne manque pas, c’est le prosapia ! »

« Regardez dans le ciel ! »

Une voix jeune interloqua soudainement Yone.

Yone était d’abord mécontent qu’à un moment si important, quelqu’un perturbe la concentration de tout le monde.

Mais comme un réflexe inconditionnel, il leva également les yeux.

« Comment est-ce possible !? »

Yone avait les yeux écarquillés.

« Le ciel était encore totalement éclairci jusqu’à maintenant ! »

Et là il voyait très clairement des nuages, de nombreux nuages gris !

Sa première analyse fut : 

« C’est une annonce divine, nous allons connaître une bataille tragique ici. »

Tel une réponse à ses mots, il commença à pleuvoir.

Les premières gouttes tombèrent lentement.

Une.

Puis deux.

Puis des dizaines.

La pluie s’abattit progressivement sur le village Léonarc, transformant la terre sèche en une boue sombre et glissante. Les gouttes frappaient les toits, les armes, les visages tendus des guerriers.

Pendant une fraction de seconde…

Tout sembla suspendu.

Puis…quelque chose changea.

Un Léonarc fronça les sourcils, serrant instinctivement sa lance.

« …Vous sentez ça ? »

À côté de lui, un autre guerrier cligna des yeux, surpris.

« Mon corps… »

Il ouvrit et ferma sa main plusieurs fois.

« Il est… plus léger ? »

Un troisième inspira profondément, comme s’il venait de reprendre son souffle après une longue course.

« Non… ce n’est pas ça… »

Il posa une main sur sa poitrine.

« C’est chaud… »

Effectivement.

Une chaleur douce, mais constante, commençait à se diffuser dans le corps de chaque Léonarc.

Pas une chaleur brûlante.

Pas une douleur.

Mais une sensation… rassurante.

Puissante.

Comme si quelque chose, ou quelqu’un…les soutenait.

Marc serra plus fort sa lance, ses muscles se contractant légèrement.

Ses yeux s’écarquillèrent.

« Ma force… »

Il fit un pas en avant.

Le sol sembla plus stable sous ses pieds.

Son corps répondit avec une fluidité qu’il n’avait jamais ressentie auparavant.

« Elle a augmenté… »

Son fils aîné, à côté de lui, fit tournoyer sa lance instinctivement.

Le mouvement était plus rapide.

Plus précis.

« Père… »

Sa voix tremblait légèrement.

« On dirait que… »

Il leva les yeux vers le ciel pluvieux.

« …le Dieu nous regarde. »

Un murmure parcourut les rangs.

« C’est une bénédiction… »

«Je le savais, notre Dieu ne nous abandonnera jamais dans les moments difficiles ! »

« Nous pouvons gagner ! »

Même les plus jeunes, même les recrues…

Ils sentirent leur peur reculer légèrement.

Remplacée par une détermination brûlante.

Au sommet d’une hutte, Yone observa ses guerriers.

Un sourire imperceptible apparut sur son visage.

« Notre Dieu ne nous a pas abandonnés…il est toujours là. » pensa-t-il silencieusement.

Puis il serra les dents.

« Préparez-vous ! »

Sa voix tonna, plus puissante que la pluie elle-même.

« Ils arrivent ! »

Les gobelins n’étaient plus qu’à quelques dizaines de mètres.

 


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