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Chapitre 19 - Un nouveau départ

  • Photo du rédacteur: Kasuma
    Kasuma
  • il y a 3 jours
  • 9 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 2 jours

« On a récupéré un vrai bijou. »

Sans le savoir, Iris venait d’attirer l’attention de tout un gang…

Et même d’éveiller un respect précoce. Un respect qui était très difficile à acquérir dans un monde où le poing le plus fort faisait loi.

Une heure plus tard, Iris marchait lentement dans le couloir, les jambes encore légèrement tremblantes.

Elias l’avait forcé à reprendre conscience, puis après discussion, Marcos s’était chargé de l'accompagner jusqu’à la salle à manger.

L’endroit était étonnamment vivant. Le bruit des conversations, des cuillères contre les assiettes, des éclats de rire sauvages, tout formait un contraste brutal avec le silence lourd de la salle d’entraînement.

Une courte file de personnes s’était formée devant un comptoir métallique, où une jeune fille distribuait les repas avec efficacité. Iris se plaça dans la file avec Marcos, le ventre creux au point d’en être douloureux.

Quand il arriva devant elle, Iris fut momentanément stupéfait.

La jeune fille semblait avoir son âge. Fine, cheveux courts, un regard vif et énergique.

Elle posa une assiette remplie de légumes et de viandes sur son plateau, puis un bol de soupe chaude.

 « …Merci. » murmura Iris d’une voix rauque.

D’une manière ou d’une autre, ce simple geste le touchait.

Lui-même avait du mal à comprendre cette émotion qu’il ressentait.

La jeune femme lui jeta un bref coup d’œil, neutre, comme si elle servait un inconnu de plus. Mais Iris ne put s’empêcher de la regarder quelques secondes supplémentaires.

Marcos se pencha brusquement vers Iris, presque collé à son oreille.

« C’est la fille du chef. » souffla-t-il, le ton grave.

« Garde tes yeux pour ton assiette. Aie zéro attente. Même moi, je ne pourrais pas te sauver si tu fais une connerie. »

Iris cligna des yeux. Avant qu’il puisse dire quoi que ce soit, Marcos s’éloigna, prenant son propre plateau.

Ils marchèrent quelques seconds ensembles jusqu’à ce qu’ils atteignent les escaliers.

« L’étage supérieur est réservé aux membres du gang ayant apporté des contributions importantes. Tu n’as pas ta place en haut. »

Sans explications supplémentaires, Marcos monta calmement les marches et disparut à l’étage supérieur.

Iris resta planté là une seconde. Puis il haussa les épaules.

Il n’avait même plus la force de se sentir vexé. Et il ne le prenait pas non plus mal.

Il n’était qu’une recrue venant d’arriver dans ce gang. Il avait dormi dans un lit confortable, put prendre une douche et même eut la chance d’avoir un professeur lui enseignant les arts martiaux.

Bien que ce professeur parût particulièrement féroce…

Mais il était déjà très heureux tellement il était mieux traité que dans sa famille d’accueil.

Il trouva une table libre au rez-de-chaussée, dans un coin relativement calme, et se laissa tomber sur une chaise qui lui semblait très confortable…bien que cette chaise fût tout à fait ordinaire.

Le simple fait de poser son plateau le soulagea d’une certaine façon. La faim, l’épuisement mental et physique, tout se mélangeait.

Mais il était tellement affamé qu’il ne perdit pas de temps et commença déjà à attaquer son plat.

Mais à peine qu’il entama sa première bouchée qu’un bruit de chaises tirées retentit autour de lui.

Trois jeunes hommes, légèrement plus âgés qu’Iris, venaient de s’installer.

L’ambiance changea soudainement autour d’Iris.

Iris se disait aussi que tout était trop beau dans ce gang. S’il n’y avait pas un minimum de bizutage ou d’intimidation, comment les Poings d’Aciers pourraient se qualifier de gang ?

Mais à sa grande surprise, lorsqu’il releva les yeux, ces personnes ne semblaient pas menaçantes…ni hostiles. Elles semblaient plutôt souriantes ?

L’un d’eux hocha la tête vers lui.

« Yo. Iris, c’est ça ? On t’a vu en bas. T’as pas lâché, mec. »

Un autre fit un sourire amer.

« Sérieux, t’es un malade. Je pensais que tenir une heure c’était déjà bien, mais comparé à toi… »

Le troisième, un peu plus discret, ajouta :

« On voulait juste… faire connaissance. Tu viens d’entrer dans les Poings d’Aciers, non ? Autant apprendre à se connaître. »

Iris les observa un moment.

Dans un monde où les embuscades ennemies étaient fréquentes, où un débutant pouvait mourir sur un trottoir pendant une garde de nuit ou se faire attaquer soudainement dans la rue, avoir un camarade fiable valait autant qu’un couteau affûté.

Encore plus lorsqu’il s’agissait d’un camarade qui pouvait frapper cinq heures d’affilée sans s’effondrer immédiatement ?

Il savait qu’il était une ressource précieuse. Mais finalement, c’était de cette façon que le monde tournait.

Alors il hocha simplement la tête.

« Enchanté, Iris Vermillon. »

Les trois sourirent à cela.

L’un d’eux leva sa fourchette.

« Moi c’est Othas Béraud. »

Il était celui qui avait parlé en premier : grand, épaules larges, des yeux clairs qui semblaient reflétaient sa sincérité.

Le second, celui au précédent sourire amer, posa son coude sur la table.

« Mathis Roux. » dit-il simplement.

Son regard était marqué par la fatigue, ce qui contrastait avec son jeune âge. Il était aussi plutôt maigre.

Mais Iris ne le sous-estima pas pour autant, rien qu’en se fiant au test d’entrée qu’il avait subi, il était facile de deviner qu’aucune personne réussissant le test n’était simple.

Le troisième, plus discret, hésita une seconde avant de parler.

« Et moi… Noé Lavigne. »

Il baissa légèrement les yeux, gêné, mais son regard était vif, attentif à chaque réaction d’Iris.

« Iris ! Bienvenue chez les Poings d’Acier, mon frère. Ici, si t’as pas de camarades… tu ne tiens pas longtemps. »

Iris acquiesça, reconnaissant.

Peut-être qu’il n’avait pas encore trouvé sa place dans ce gang.

Mais il venait peut-être de trouver quelque chose qui s’en approchait. 

Et dans son état, c’était déjà une victoire.

Le soleil et la lune montent et descendent, et cela fut bientôt une semaine qu’il intégra les Poings d’Aciers.

À ce moment-là, la conscience d’Iris était plongée dans la seconde dimension, délectant avec satisfaction observer les enfants Léonarc grandir petit à petit.

Dès le premier soir de son intégration dans le gang, de nouveaux nés Léonarc étaient nés. Ce qui était plutôt logique puisque chaque jour dans le monde de la première dimension équivalait à un an dans la seconde dimension.

Désormais, ces enfants avaient déjà 7 ans et ressemblaient déjà à des petits guerriers bien qu’un peu espiègles.

Leurs croissances ressemblaient en tout point à celles d’êtres humains, donc Iris s’était déjà particulièrement attachée à sa tribu et ces enfants.

Pendant cette semaine, en dehors de ses entraînements, il appréciait voir sa tribu grandir en temps réel.

Il avait compté, et il y avait déjà plus d’une cinquantaine d’enfants nés depuis qu’il avait acquis la tribu. Bien sûr, pour assurer que tout ce beau monde vive bien et grandit dans de bonnes conditions, Iris passait du temps à remplir et agrandir le petit lac qu’il avait créé non loin de la tribu.

Évidemment, les affrontements avec les gobelins étaient courants, mais les Léonarcs qui pouvaient maintenant boire et manger à leur faim n’étaient clairement pas à sous-estimer.

Iris estimait prudemment que la puissance de combat globale de la tribu avait augmenté d’environ 30%.

Leur puissance de combat individuelle aux stades préliminaires faisait partie du top des myriades de races existantes dans l’univers.

Yone et Katy se portaient merveilleusement bien et avaient même agrandis leur petite famille avec deux nouveaux nés :

Atros et Favia.

Le premier était un petit bonhomme de 6 ans très sérieux dans son entraînement mais qui était très discret. Parfois Yone avait mal à la tête à cause de sa personnalité atypique.

Particulièrement parce que lors des petits matchs d’entraînement qu’ils organisaient entre enfants, Atros semblait réveiller une nouvelle personnalité.

Il ne retenait clairement pas ses coups et faisait souvent pleurer les autres enfants.

D’une manière ou d’une autre, c’était un passionné d’art martiaux avec aucune compétence sociale.

Favia sa sœur âgée de 5 ans semblait être l’opposé de son frère, elle était très sociable avec tous les enfants Léonarcs et faisait également preuve d’une certaine maturité même avec les adultes.

Toutefois elle n’était pas très assidue pendant les entraînements collectifs, et se faisait même battre par des enfants de 4 ans lors des sparrings.

Heureusement, lorsque Yone et Katy regardaient leur fils aîné, aucun d’eux n’étaient inquiet concernant l’avenir de la tribu.

« Alors Tengus, tu vas prendre des hommes et chasser aujourd’hui ? » demanda Yone avec un grand sourire.

Tengus qui s’entraînait avec une épée et un bouclier tout en enchaînant divers mouvements, finit sa série et tourna le regard vers son père.

Yone lui n’avait pas beaucoup changé en l’espace de 7 ans, l’espérance de vie des Léonarcs atteignait les 130 ans pour les guerriers les plus féroces.

Certains d’entre eux étaient tellement démoniaque qu’ils pouvaient même vivre jusqu’à 150 ans et pourtant conserver une certaine puissance de combat.

Yone était incomparable à ces monstres, mais cela ne devrait pas être un grand problème de vivre jusqu’à 130 ans. Il faisait partie des génies de sa tribu auparavant et il continuait toujours de s’entraîner alors qu’il avait passé les 50 ans récemment.

Il était même devenu encore plus fort que lors de la dernière bataille contre les gobelins grâce à un apport alimentaire suffisant.

« Oui, je vais prendre une dizaine de jeunes hommes et chasser les gobelins mais aussi du gibier pour la tribu. »

En mentionnant les gobelins, Yone fronça les sourcils.

« Les gobelins sont faibles, mais ils se reproduisent tellement vite…Peu importe combien on en chasse, ils reviennent toujours aussi nombreux voir plus nombreux. »

Tengus hocha la tête.

« Je vais explorer un peu plus loin que d’habitude afin de voir s’ils ont construit de nouveaux nids. »

Iris qui observait leur discussion, était aussi légèrement de mauvaise humeur.

Si on se contentait de repousser les gobelins, ils reviendraient à chaque fois plus nombreux que la précédente fois car ils se multipliaient plus vite qu’ils ne perdaient des troupes.

Au contraire, les survivants gobelins devenaient plus forts et commençaient à construire leur propre nid gobelin.

Mais si vous osiez les attaquer…il s’avérait être des ennemis redoutables.

Il y a 2 jours de cela, soit 2 ans dans la seconde dimension, Yone prit la décision d’exterminer un nid gobelin coûte que coûte car les attaques devenaient trop fréquentes.

Bien que la puissance des Léonarcs s’était énormément accrue, ce fut une bataille cruelle qui causa la mort de nombreux guerriers Léonarcs.

Après tout, il y avait plus de 500 gobelins dans ce nid. Soit 200 de plus que durant la bataille où Iris intervint.

Et ce n’était que la puissance d’un nid gobelin, personne ne savait combien il pouvait en avoir dans la forêt.

Iris avait la capacité d’intervenir, mais il se retint de toutes ses forces. Il avait été prouvé que les civilisations qui étaient trop protégées par leurs Dieux, perdaient indirectement énormément en termes de potentiel de développement.

Non seulement ils perdaient en potentiel de développement, mais même le respect de la civilisation envers leur Dieu n’était pas aussi élevé qu’envers un Dieu qui intervenait qu’aux moments critiques.

La décision d’Iris eut effectivement des conséquences tragiques.

Il détruisa indirectement de nombreuses familles Léonarc. De nombreux enfants allaient grandir sans leur père ou leur mère.

Et ça, Iris le savait que trop bien. 

Grâce à la décision sage d’Iris, tous les Léonarcs qui avaient survécu à cette bataille avaient tous un regard bien plus féroce qu’auparavant.

Iris savait que la puissance de combat de sa tribu venait à nouveau d’augmenter, et les guerriers mais aussi les enfants seront bien plus assidus durant leurs entraînements.

Le proverbe : Plus de sueur et moins de sang reflétait extrêmement bien la réalité.

Mais cela lui laissait toujours un goût amer dans la bouche.

Après tout, cela se faisait au prix de la vie d’autres membres de sa tribu. Chacun des membres, il les connaissait.

Bien qu’il ne leur parlât pas, il avait passé 7 ans à les observer grandir.

Il les a vu traverser la joie, la tristesse, l’amertume, la colère, la jalousie, d’innombrables émotions que constituent les êtres vivants.

“Pendant ces deux dernières années, j’ai particulièrement pu observer ce que signifiait le deuil pour les maris, femmes et enfants des victimes.”

Iris inspira et ferma momentanément les yeux.

“Si je souhaite devenir un Dieu, mes croyants devront mourir par millions.”

Ce n’étaient pas des sacrifices que pour lui, si ses croyants voulaient survivre dans la seconde dimension alors ils n’avaient d’autre choix que de devenir plus forts.

« Et moi aussi je dois devenir plus fort. »

Lorsque Iris ouvra à nouveau les yeux, tout doute disparut. Il ne restait qu’une ferme résolution à devenir plus fort.

Devant lui se déroulait une scène impressionnante.

La lune était fermement accrochée au ciel, sa douce lueur illuminant brièvement les environs.

À seulement quelques mètres de lui, une vingtaine d’hommes au dos impressionnant se trouvaient là pourtant tous là, tous avec une morphologie différente.

Mais un sentiment d’unicité les liaient ensemble.

Ils portaient un blouson noir. À l’arrière de celui-ci, Iris pouvait clairement apercevoir un logo blanc d’un poing armé, 5 lames semblant sortir du poing.

« Iris, tu es prêt ? »

À ses côtés, Othas se tenait là. Semblant extrêmement vaillant.

Mathis et Noé étaient également présents, l’air solennel.

Iris jeta un coup d’oeil à son propre blouson noir, avant de relever la tête et de dire sans hésitation : 

« Je le suis. » 


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