Chapitre 31 - Joyeux anniversaire
- il y a 2 jours
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« C’est son anniversaire. »
Viper jeta un regard curieux vers Iris, observant rapidement ses blessures, puis choisit sagement de ne poser aucune question.
Au contraire, elle hocha la tête amicalement vers lui tout lui adressant un sourire très réconfortant.
Iris ne savait pas pourquoi mais il se sentit légèrement gêné face à cette beauté.
Toutefois, il hocha tout de même machinalement la tête en réponse tout en disant :
« Salut, je m’appelle Iris. »
« Enchanté Iris, tu peux m’appeler Vivi si tu veux. » répondit-elle chaleureusement tout en lui tendant la main.
Iris lui serra délicatement sa main.
« Enchanté. »
À cela, Longwy roula des yeux.
« Quoi, t’es jaloux Longwy. » se moqua gentiment Viper tout en regardant le principal concerné.
« Oui. » répondit Longwy immédiatement, semblant très sérieux.
Viper rit immédiatement à cela, avant d’afficher un sourire malicieux.
« La prochaine fois, t’y penseras à deux fois avant de boucher nos toilettes. »
Ces paroles cassèrent toute l’image de Longwy, ce qui rendit ce dernier bien gêné.
Au même moment Iris afficha un air surpris tout en riant avec Noé et Mathis.
« Pourquoi t’as l’air si surpris Iris ? On te l’a dit sur le chemin, ce type ne reprendra plus jamais de pizza épicée de sa vie c’est sûr ! » commenta immédiatement Mathis, n’hésitant pas à ajouter du sel sur la ‘blessure’ de Longwy.
Longwy jeta un coup d’œil à Iris.
« Rigoles pas trop toi, tu ressembles plus à un asiatiques que Noé maintenant. »
Noé intervint immédiatement en secouant la tête.
« Non, comparé à Iris, tous les asiatiques doivent s’incliner. Même en dormant, on verrait mieux que lui actuellement. »
De son côté, Iris leva les yeux vers lui en entendant cela… puis éclata de rire malgré la douleur.
Iris savait très bien que c’était des taquineries sans méchanceté derrière, et puisqu’ils se moquaient des autres, il était sûr qu’il serait aussi la ‘victime’ à un moment ou un autre.
Les fous rires qui éclatèrent de leur table attirèrent le regard de quelques clients.
« Ah les jeunes… » murmura un homme d’âge moyen à une table d'à côté, tout souriant étrangement comme s’il était nostalgique.
Sa femme qui se trouvait à ses côtés répondit immédiatement :
« Parle pour toi, moi je suis toujours jeune. »
Le sourire de l’homme d’âge moyen resta figé un moment tandis que le couple d’amis légèrement plus âgé qui les accompagnaient rirent de cette scène.
…
« Bon sinon les garçons, vous savez déjà ce que vous allez commander ? » intervint Viper après un moment.
Tout le monde regarda Iris.
« Tu veux prendre quoi ? »
À ce moment-là, Iris se rendit compte qu’il n’était jamais allé dans une pizzeria.
« Juste quelque chose que je peux mâcher sans avoir envie de mourir. » demanda Iris après un instant de réflexion.
« Dans ce cas-là, je te conseille la spéciale du chef. » conseilla Viper d’un doux sourire.
« C’est bon pour moi. »
Tout le monde commanda rapidement, et Viper quitta leur table.
À table, ils parlèrent de renforcement musculaire, du test dans dix-neuf jours d’Iris ou encore des stratégies absurdes que certains élèves avaient mis en place dans leur tribu quand Longwy, Noé et Mathis étaient encore au lycée.
Bientôt les pizzas arrivèrent, et tout le monde commença à manger. Longwy attaqua le premier, comme s’il n’avait pas mangé depuis trois jours.
Iris prit une bouchée plus prudemment.
Lorsque que la part de pizza entra dans sa bouche, la chaleur, le goût salé, la pâte croustillante… tout cela lui parut presque irréel.
« C’est si bon… » murmura-t-il, semblant découvrir un tout nouveau monde.
Tout le monde commença à prendre des parts de pizza aux autres, ainsi Iris put également goûter aux pizzas de ses amis.
Notamment la pizza extrêmement épicée de Mathis.
À ce moment-là, tout le monde observait Iris croqué dans la part avec beaucoup d’attention.
Et le moment fatidique arriva :
« Ummm…c’est si bon ! » dit Iris, des étoiles dans les yeux.
Tout le monde à table paraissait un peu déçu, sauf Mathis.
Au contraire, dans ses yeux, des observateurs expérimentés auraient pu déceler une certaine…attente ?
Puis soudainement le visage d’Iris devint extrêmement rouge tandis que tout le monde commençait à rire à voix haute.
« Hahaha, je me disais aussi que c’était bizarre ! » s’exclama Longwy en se pliant de rire.
« Um…c’est une pizza à retardement. » dit Mathis de façon très sérieuse.
« De… de l’eau s’il vous plaît ! » demanda Iris tout en s’étouffant à moitié.
Immédiatement, une bouteille de lait apparut juste devant lui.
« Bois ça plutôt. »
Sans hésiter, il but de nombreuses gorgés de lait ce qui soulagea temporairement son palais en feu.
« Merde, c’était si violent… » pensa-t-il silencieusement.
Puis il se retourna et il vit Viper lui faire un clin d’œil.
« Garde la bouteille de lait pour toi, c’est cadeau. »
Tout le monde à table rit encore plus suite à cette phrase, sauf lui-même, ne comprenant pas la blague.
Puis il remarqua une petite étiquette sur la bouteille de lait :
« Par Viper, fait maison. »
Le temps passa rapidement dans la bonne humeur.
Finalement, alors que les assiettes étaient presque vides et que Longwy se renversait en arrière sur sa chaise avec un soupir satisfait, la salle devint complètement noire.
Iris cligna des yeux. Son œil déjà gonflé rendait l’obscurité encore plus dense. Pendant une fraction de seconde, son corps se tendit par réflexe.
Puis il entendit quelque chose.
C’était des pas.
Lents et réguliers, ils résonnaient dans le restaurant.
Puis une lumière apparut au fond de la salle.
Une petite flamme tremblante.
Puis une deuxième.
La silhouette de Viper se dessina progressivement dans la pénombre. Elle avançait doucement, tenant un gâteau rond entre ses mains. Les deux bougies plantées dessus formaient un 1 et un 8, leurs flammes dansant au rythme de ses pas.
La lumière chaude éclairait son visage et celui des clients autour.
Et soudain…
« Joooooyeux anniversaiiiire… »
Longwy commença à chanter.
Suivi de Mathis.
Puis de toute la salle.
Les clients, les étudiants, le couple d’âge moyen, même le chef pizzaiolo derrière son four… tout le monde chantait.
« Joyeux anniversaiiiire Iris… »
Iris resta figé.
Complètement.
Ses mains, encore posées sur la table, cessèrent de bouger.
Pendant un moment, il oublia complètement sa bouche en feu.
Ses amis le regardaient avec de grands sourires.
Longwy chantait volontairement fauxMathis avait un sourire sincère tout en chantant à voix basse.Noé, plus discret, tapait sur la table, en rythme avec la chanson.
La chanson continuait.
« Joyeux anniversaaaire… »
Les flammes des bougies se reflétaient dans les yeux d’Iris.
Il n’entendait presque plus les paroles.
Quelque chose se serra dans sa poitrine.
Douloureusement.
C’était chaud.
Une chaleur qu’il ne connaissait pas.
Il avait pourtant déjà vécu des anniversaires.
Mais là plupart du temps, c’était simplement des dates qui passaient.
Les repas étaient tout à fait normaux… quand il avait la chance d’avoir quelque chose à manger.
Mais ce genre d'événement, il n’avait jamais connu.
Jamais des gens ne s'étaient arrêtés dans ce qu’ils faisaient pour lui.
Encore moins des inconnus qui chantaient son propre prénom dans un restaurant pour son anniversaire.
Et…jamais des amis qui préparaient quelque chose dans son dos pour un quelconque événement.
Sa gorge se noua.
Sa vue se troubla légèrement.
Il cligna des yeux, pensant que c’était à cause de son arcade gonflée.
Mais non.
Une larme glissa.
Puis une autre.
C’était incontrôlable.
Il baissa légèrement la tête, honteux de ne pas réussir à se contenir.
Mais il entendit Longwy dire doucement :
« Hé… pleure pas idiot. On a encore le cadeau après. »
Ce fut pire.
Un petit rire tremblant s’échappa d’Iris en même temps qu’un sanglot discret.
Il porta une main à son visage, essuyant maladroitement ses joues.
Dix-huit ans.
Dix-huit.
Ce nombre n’était plus juste un âge.
C’était une frontière.
Une frontière entre l’enfance qu’on lui avait volée.
Les coups.
La solitude.
Les silences.
Et de maintenant…
Des rires.
Des amis.
Des perspectives d’avenir.
Il releva lentement la tête.
Son visage était encore humide, ses yeux rouges, mais son sourire… son sourire était immense.
Sincère et fragile.
« Merci… » souffla-t-il, presque inaudible.
La chanson se termina sous des applaudissements chaleureux.
Viper s’approcha de la table et posa doucement le gâteau devant lui.
« Fais un vœu », dit-elle tout en lui faisant un clin d’œil.
Iris regarda les deux bougies.
Le 1.
Puis le 8.
Il ferma les yeux.
Pour la première fois de sa vie, il ne fit pas un vœu pour que ça aille mieux dans le futur.
Il fit un vœu pour qu’il soit toujours aussi heureux.
Puis il souffla.
Les flammes s’éteignirent.
Et la salle éclata de nouveau en applaudissements.
Après quelques secondes les applaudissements diminuèrent peu à peu.
Puis un léger clic retentit et les lumières se rallumèrent.
La salle retrouva sa chaleur habituelle, mais quelque chose avait changé.
Iris avait encore les yeux légèrement rouges. Ses joues portaient les traces discrètes de ses larmes, mais il ne cherchait plus à les cacher.
Viper posa un couteau devant lui.
« Coupe une part avant que Longwy ne décide que le gâteau lui appartient. »
Ce dernier roula des yeux, avant de prendre l'initiative de couper tout de même le gâteau.
Les assiettes furent rapidement distribuées. L’ambiance restait joyeuse pendant que tout le monde mangeait.
Entre deux blagues, Noé poussa finalement la petite boîte vers le centre de la table.
« Je pense que c’est le moment. »
Longwy se redressa, impatient de voir la réaction qu’Iris aura en ouvrant le cadeau.
Mathis croisa les bras avec un air faussement détaché.
Iris jeta un coup à chacun de ses amis, avant de poser lentement ses mains sur la boîte.
Elle était très simple bien que soigneusement emballée.
Il releva les yeux vers eux.
« Fallait pas… »
« Ouvre », coupa immédiatement Longwy, incapable de contenir son impatience.
Iris soupira légèrement avant d'obéir.
Il prit une courte inspiration puis il retira lentement le couvercle.
Le cadeau se dévoila peu à peu.



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